De la Russie au monde, 
en passant par la France et Montreuil

L'humanisme de L'ORT
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Après la révolution bolchevique, l’ORT a continué tant qu’elle a pu à œuvrer pour les Juifs de Russie, devenus souvent paysans ou ouvriers d’usine. Mais elle a pris, à partir de 1920, une dimension internationale, avec son centre installé à Berlin, déménagé à Paris lorsque les nazis ont pris le pouvoir en 1933, puis à Genève pendant la seconde guerre mondiale, en attendant Londres après la guerre et jusqu’à nos jours. Apprendre des métiers utiles aux Juifs marginalisés, réfugiés, ou même internés dans des camps français ou des ghettos polonais, cela supposait de grandes compétences techniques et des dirigeants visionnaires, mais aussi la générosité financière des Juifs ayant le privilège de vivre dans des pays de liberté et de prospérité, en premier lieu ceux des Etats-Unis.

On comprend mieux ainsi pourquoi l’ambassadeur des Etats-Unis était présent à l’inauguration du lycée de l’ORT à Montreuil le 15 juillet 1948. A ses côtés, le président du syndicat américain des ouvriers de la confection pour dames, avec son ami Léon Blum, homme d’Etat français juif et socialiste très lié à l’ORT, et le ministre du travail de l’époque, Daniel Mayer. Celui-ci allait donner plus tard son nom à l’établissement, après avoir été président de l’ORT mondiale…et du Conseil constitutionnel de la France. Egalement à leurs côtés, le maire communiste de Montreuil, Daniel Renoult, quelques semaines après la proclamation de l’indépendance de l’Etat d’Israël qui avait été accueillie avec enthousiasme par l’Union soviétique.

L’ORT avait commencé son travail en France à une échelle modeste avant la seconde guerre mondiale. Son président d'après-guerre, Léon Meiss, avait été exclu par les lois de Vichy de son métier de magistrat, et s’était reconverti en ouvrier qualifié grâce aux cours dispensés par…l’ORT. Egalement président fondateur du CRIF, il a accompagné la mise en place à travers le pays des écoles destinées d’abord aux rescapés, souvent orphelins, qui durent reconstruire leur vie. Ce fut le temps du nouveau sigle de l’ORT, français celui-là, Organisation Reconstruction Travail. L’ORT de Montreuil a accompagné les premiers pas du Musée d’art juif de Paris, prélude au grand musée de la rue du Temple, ouvert en 1998. Puis ce fut la grande vague des Juifs d’Afrique du Nord (1950, 1960, 1970) qui bénéficia des services de l’ORT pour s’insérer au mieux dans la société française- en proposant des formations en mécanique, électricité, électronique, menuiserie, secrétariat, comptabilité, couture.

L’ORT mondiale a rendu de grands services à l’Etat d’Israël pour le développement de ses écoles professionnelles. Mais elle est aussi, aujourd’hui, une véritable ONG qui contribue au progrès humain sur tous les continents, bien au-delà des communautés juives.

Philippe Boukara

ORT

un sigle russe qui signifiait Société pour la propagation du travail artisanal et agricole parmi les Juifs de l’Empire russe. La trace, donc, d’une origine qui se situe, en 1880, à l’Est de l’Europe, là où vivaient les plus grandes populations juives dans le monde, soumises à l’oppression antisémite et pour la plus grande part, à la misère matérielle. Avec l’intuition que la formation professionnelle, initiale et permanente, était un levier d’émancipation – le moyen de se suffire à soi-même dans une économie en voie de modernisation accélérée.

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