Le vendredi 24 avril, ORT Strasbourg a organisé une journée pédagogique destinée à ses enseignants. À cette occasion, l’établissement a accueilli le Dr Aurélien Benoilid, neurologue à Strasbourg, ancien chef de clinique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, fondateur du centre Ellipse, auteur et président du Forum Européen de Bioéthique.
Son intervention portait sur un sujet central dans le quotidien scolaire : les troubles de l’apprentissage. Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie, troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité… Ces troubles interrogent les familles, les enseignants, les professionnels de santé et l’ensemble des équipes éducatives.

Comprendre les troubles de l’apprentissage sans réduire l’élève à ses difficultés
Dès le début de son intervention, le Dr Aurélien Benoilid a rappelé une idée essentielle : les troubles de l’apprentissage ne relèvent ni d’un manque de volonté, ni d’un manque d’effort. Ils correspondent, dans de nombreux cas, à des troubles neurodéveloppementaux qui modifient la manière dont l’élève traite l’information.
Ces troubles peuvent toucher plusieurs domaines : la lecture, l’écriture, le calcul, la coordination, la concentration ou encore l’organisation. La Haute Autorité de Santé estime qu’environ 8 % des enfants sont concernés par des troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Ils peuvent concerner une ou plusieurs fonctions cognitives, comme le langage écrit, le calcul, les gestes ou les fonctions attentionnelles.
À travers son propos, le neurologue a invité les enseignants à adopter une approche nuancée. Il n’existe pas de réponse unique, ni de solution “prête à porter”. Chaque élève présente un profil particulier. Chaque situation demande donc une observation fine, un dialogue avec la famille et, lorsque cela est nécessaire, un travail avec des professionnels spécialisés.
Les troubles “DYS” : mieux les repérer pour éviter l’incompréhension
Le Dr Benoilid a présenté les principaux troubles généralement regroupés sous l’appellation “DYS”. La dyslexie concerne la lecture. La dysorthographie touche l’expression écrite. La dyscalculie affecte les apprentissages liés aux nombres et au calcul. La dyspraxie, ou trouble développemental de la coordination, concerne les gestes, l’organisation motrice et parfois l’écriture.
À ces troubles peuvent s’ajouter les TDA ou TDAH, c’est-à-dire les troubles du déficit de l’attention, avec ou sans hyperactivité. Ces difficultés peuvent peser fortement sur la scolarité. Elles peuvent aussi entraîner une perte de confiance, une fatigue importante, un sentiment d’échec ou une incompréhension de la part de l’entourage.
L’Inserm rappelle que les troubles “dys” les plus sévères concernent environ 1 à 2 % des enfants concernés et peuvent avoir des répercussions importantes sur la scolarité et la vie quotidienne. Toutefois, une prise en charge adaptée permet souvent d’améliorer ou de compenser certaines fonctions déficientes.
Cette approche est essentielle dans un établissement scolaire. En effet, un élève en difficulté n’est pas nécessairement un élève qui ne travaille pas. Il peut être un élève qui fournit des efforts considérables, sans parvenir à obtenir les résultats attendus avec les méthodes habituelles.
Un cerveau qui apprend autrement
L’intervention a également permis d’aborder le fonctionnement du cerveau dans les apprentissages. Le Dr Aurélien Benoilid a expliqué que chaque élève traite l’information de manière singulière. Certains compensent. D’autres développent des stratégies différentes. D’autres encore ont besoin d’un cadre plus explicite, plus progressif ou plus adapté.
En s’appuyant sur la courbe de Gauss, il a rappelé que la diversité humaine ne se limite pas à une norme moyenne. Les profils situés aux extrêmes peuvent parfois jouer un rôle majeur dans la société, dans la création, dans la recherche ou dans l’innovation. Cette réflexion invite à poser un autre regard sur les élèves atypiques.
Ainsi, comprendre les troubles de l’apprentissage ne signifie pas abaisser les exigences. Cela signifie plutôt permettre à l’élève d’accéder aux apprentissages par un chemin différent. Cette nuance est fondamentale. Elle permet de concilier exigence scolaire, bienveillance éducative et accompagnement individualisé.
Le rôle essentiel des équipes pédagogiques
À ORT Strasbourg, cette journée pédagogique a aussi rappelé la responsabilité des enseignants dans le repérage et l’accompagnement des élèves concernés. Les équipes pédagogiques sont souvent les premières à observer des signes récurrents : lenteur excessive, difficultés de lecture, erreurs persistantes, problèmes de concentration, fatigue, anxiété, désorganisation ou décrochage progressif.
Cependant, l’enseignant ne pose pas de diagnostic médical. Son rôle consiste à observer, alerter, dialoguer et adapter. Le diagnostic relève des professionnels de santé compétents. En revanche, l’école joue un rôle majeur dans la mise en place d’un environnement favorable.
Le Dr Benoilid a insisté sur l’importance du dialogue entre l’établissement, les familles, les psychologues, les médecins, les orthophonistes et les autres professionnels impliqués. Cette coopération permet de mieux comprendre les besoins de l’élève et d’éviter des réponses inadaptées.
Adapter sans renoncer aux exigences
Plusieurs dispositifs peuvent accompagner les élèves concernés par des troubles de l’apprentissage. Le PAP, plan d’accompagnement personnalisé, s’adresse notamment aux élèves présentant des difficultés scolaires durables liées à un ou plusieurs troubles des apprentissages, sans reconnaissance de handicap par la MDPH.
Le PPS, projet personnalisé de scolarisation, concerne les élèves en situation de handicap. Des aménagements d’examens peuvent également être demandés, notamment pour les candidats à besoins particuliers. L’Éducation nationale rappelle que ces aménagements visent à permettre aux élèves concernés de composer dans des conditions adaptées.
Ces dispositifs ne constituent pas des privilèges. Ils répondent à un besoin d’équité. Ils permettent à l’élève d’être évalué sur ses compétences réelles, et non sur les seules conséquences de son trouble.
Attention, écrans et concentration : un enjeu grandissant
Le neurologue a également abordé la question des troubles de l’attention et du focus attentionnel. Les jeunes évoluent aujourd’hui dans un environnement saturé de stimulations. Les écrans, les notifications, les sollicitations permanentes et la rapidité des contenus modifient leur rapport à la concentration.
Cette réalité ne remplace pas les troubles diagnostiqués. Cependant, elle peut accentuer certaines fragilités. Elle peut aussi rendre plus difficile l’attention prolongée, la mémorisation ou la gestion émotionnelle. Pour les enseignants, cet enjeu devient central. Il oblige à penser des pratiques pédagogiques capables de soutenir l’attention, de structurer les consignes et de favoriser l’engagement des élèves.
Une intervention pour mieux repérer, comprendre et accompagner
En conclusion, l’intervention du Dr Aurélien Benoilid a permis aux enseignants d’ORT Strasbourg de mieux appréhender la complexité des troubles de l’apprentissage. Elle a rappelé l’importance du diagnostic, du repérage, de l’écoute et de l’adaptation pédagogique.
Mieux comprendre ces troubles, c’est éviter les jugements hâtifs. C’est aussi prévenir le décrochage scolaire, restaurer la confiance et aider chaque élève à progresser selon son profil. À travers cette journée pédagogique, ORT Strasbourg affirme son engagement auprès de ses équipes éducatives et de ses élèves.
Car accompagner un élève concerné par un trouble de l’apprentissage, ce n’est pas renoncer à l’ambition scolaire. C’est lui donner les moyens d’apprendre autrement, dans un cadre exigeant, attentif et profondément humain.

Fondé en 1946, ORT Strasbourg est un établissement du réseau ORT France, accueillant des élèves de la seconde au Bac+3. Situé au cœur de Strasbourg, notre campus propose des formations en initial et en alternance, adaptées aux exigences du marché. Nous mettons l’accent sur un enseignement de qualité, encadré par une équipe pédagogique compétente et attentive, favorisant l’épanouissement et la réussite de chaque étudiant.